Marre de la sobriété subie !

Plusieurs universités et lycées ont annoncé un plan de « sobriété » pour cet hiver. L’université de Strasbourg a même prévu de fermer ses portes 2 semaines de plus en hiver, avec une semaine de cours en distanciel. Plusieurs lycées de la région Hauts-de-France ont également annoncé une fermeture le samedi. À Nancy, le CROUS a décidé de fermer un RU, là aussi pour faire des économies de chauffage… Les étudiants iront faire la queue pour manger ailleurs.

À la fac, doudoune pour tous

Les mesures qui pendant le Covid avaient une logique pour éviter les contaminations commencent à revenir dans les têtes, mais pour faire des économies sur notre dos, au détriment de nos conditions d’études. Au détriment aussi des factures de chauffage des particuliers : étudiants et lycéens, chauffez-vous entre les murs des passoires thermiques où vous vivez, ou ne vous chauffez pas, ce n’est pas notre affaire !

Pour Sylvie Retailleau, la ministre de l’enseignement supérieur, fermer les universités n’est pas une solution et il faudrait plutôt « limiter le chauffage à 19° ». Quand on connaît l’état des bâtiments de la plupart des facs qui datent des années 70, avec isolation d’époque, on peut sans doute s’attendre à 10 de moins ! Mais on n’attend pas tellement plus de la part des autorités de toute façon, la première ministre ayant bien rappelé que « les établissements sont responsables et autonomes »… autrement dit, démerdez-vous.

Ce délabrement de l’enseignement public n’est pas nouveau, et c’est un choix conscient des gouvernements depuis des décennies. Car ça ne les dérange pas que les élèves et les étudiants grelottent en cours, dans des salles souvent trop petites et mal équipées. Quand ce n’est pas carrément le plafond qui nous tombe sur la tête, comme à l’université Sorbonne-Nouvelle (sic) le mois dernier ! Au lieu de mettre les moyens pour que tout le monde puisse étudier dans de bonnes conditions, ils mettent en place des système de sélection, qui commencent même bien avant le bac et Parcoursup : combien sont les écoles, collèges, lycées, dans lesquels il manque cruellement d’enseignants, où les élèves sont en surnombre dans des salles trop petites ?

Une politique générale contre l’éducation

Cette politique a pour objectif de favoriser le privé et les formations d’excellence au détriment du public, et in fine de rendre l’enseignement payant. Macron l’assumait clairement en janvier dernier : « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants ». Et pour celles et ceux qui n’en auront pas les moyens, on les enverra bosser le plus vite possible. Les formations en lycées professionnels ont drastiquement réduit leur temps de cours, comme en lycée automobile où le temps d’enseignement passé en atelier a baissé de 40 % depuis 2010. Le reste de la formation se fait directement en apprentissage ou en alternance. Ce qui va très bien aux patrons, puisqu’ils se fournissent ainsi une main d’œuvre docile et à prix cassés : 3,90 euros de l’heure, difficile de faire moins cher !

C’est dans cette logique que s’inscrit la réforme des lycées professionnels récemment lancée par Macron : plus de stages et moins d’heures de cours, pour que les formations en lycée professionnel se calent sur le modèle de l’apprentissage. Pour envoyer les jeunes au turbin, les envoyer se faire exploiter toujours plus jeunes, le gouvernement veut bien mettre les moyens. Les aides publiques abondent pour inciter les patrons à prendre des apprentis : grâce au plan « 1 jeune, 1 solution », ils bénéficient d’une aide de 5 000 euros pour un alternant de moins de 18 ans, et de 8 000 euros pour un majeur. Autrement dit, vu le niveau des salaires des alternants, ceux-ci sont presque intégralement financés par l’État.

Une journée de mobilisation est prévue le 18 octobre dans les lycées professionnels. C’est un début, mais il faudra des luttes bien plus intenses pour défendre nos conditions d’études et de vie. « 1 jeune, 1 solution »… Le gouvernement et le patronat trouvent que nous sommes un problème ? À nous de leur donner raison en nous organisant pour revendiquer nos propres solutions !